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Textes écrits en marchant... |
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A l’heure où On aime tous les matins ensoleillés de fin février. Il fait frais le matin, les enfants sont en vacances, à l'heure ou je pars, ils sont encore blottis contre leur peluche qui, les yeux grands ouverts, semble me dire : « chut ! ».
A l'heure ou je pars, l'eau du fleuve semble respirer profondément et rejeter en surface tout l'air emmagasiné pendant la nuit. Ca ressemble à un grand soulagement. Les oiseaux se cachent dans la brume. Les voiles opaques dansent au-dessus de l'eau, la caressent, montent et descendent, et selon les couleurs du soleil au levant, se transforment en longues filasses orangées, jaune paille ou rouge sang. 
A l'heure ou je pars, des ânes et des poneys sont déjà dehors, le souffle au ras de l'herbe. J'aime ce paysage hétéroclite, mélange de prairie, d'immeubles et de peintures sur une vieille écurie.
L'empreinte des cités environnantes au milieu de la nature. Les 2 se sont côtoyées un jour, puis la cité est retournée à sa cité, les chevaux ont regardé les enfants s'enfuirent avec leurs bombes de couleur, ont rabaissé le museau pour continuer à brouter dans la quiétude du petit matin.
A l'heure ou je pars, il m'arrive d'apercevoir une chouette, un renard, parfois rien d'autre que des ombres ou des mouvements furtifs. Selon les saisons, je reconnais sans peine les chants environnants. L'oiseau est plus fidèle qu'un ami.
A l'heure ou je pars, mon trajet est peuplé d'idées de toutes sortes, prolongement des rêves de la nuit, envie d'écrire, besoin de prendre son temps, d'être ailleurs.
Puis les ronflements des moteurs de voitures se rapprochent, le brouhaha de l'usine se fait plus présent, des rires sonores, des bruits de pas, de Klaxons marquent définitivement la frontière entre mes rêves et la réalité.
A l'heure ou j'arrive, fait chier d'être arrivé, bordel ! |
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Blanc
Le froid c’est toujours l’hiver accompagné de son cortège de flocons.
Cette année, tout est blanc. Il faut même gratter pas mal pour voir ce qui est caché dessous. De mémoire d’immigré, on avait pas vu une telle couche pendant aussi longtemps depuis une bonne dizaine d’année.
Donc tout est blanc, du clocher de l’église St Maclou au square des gravières, seuls les canards ont gardé leur col vert. La terre en mottes, les vélos, la crinière des chevaux, tout est blanc. Les tuiles rouges des maisons, les chemins, jusqu’aux cimes des sapins, tout est blanc. Les tôles ondulées de l’usine, les bords de la rivière, les bancs dans la cour de l’école, tout est blanc .
Le dessus des balançoires, les jardins, les mangeoires, les bonnets des gamins, blanc encore. Les reflets, la lumière, même les chants des oiseaux, tout est vraiment blanc. Puis le gris s’est installé, par ci, par là. Il a noirci comme s’il était fâché d’être resté caché aussi longtemps, il a mangé le blanc, partout, et les couleurs sont réapparues.
Bref, maintenant c’est bientôt le printemps, place au vert !! |
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| Le temps
Oublier le temps est incroyable ! Se réveiller un matin et pouvoir se dire :
« Tiens, au fait, quel âge ai-je ? «
Une voix d’outre tombe répondrait :
« Tu es plus jeune que demain ».
On vivrait alors sans critères, sans repères, sans jugements, juste avec sa forme ou ses douleurs, ses passions ou ses souvenirs, sa folle extravagance ou son regard amusé.
Enfin, tout ça se discute et n’a que peu d’importance en somme.
Et puis je n’ai pas le temps de palabrer, encore beaucoup de travail m’attends, comme le temps file, purée de nous autres ! |
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| Sécheresse

On croyait la chaleur installée définitivement, la pluie disparue à tout jamais. On imaginait déjà les terres brûlées exhalant un souffle chaud à chaque respiration, craquelées comme une mosaïque en plein soleil.
On parlait déjà de mutations, de disparitions, de morts lentes et progressives de centaines d’espèces ; On voyait la planète bleue s’assombrir et prendre les couleurs les plus chaudes du spectre.
Ses habitants se traînaient plus qu’ils ne marchaient, la tête rentrée dans les épaules, le regard bas pour éviter les éblouissements et les brûlures. Les activités se concentraient la nuit ; Vu d’en haut la terre ressemblait à un lampion éclairé de toutes parts, comme une boule de Noël scintillante dans le noir. En journée, le repos était obligatoire, les interdictions de déplacements étaient sévèrement contrôlées, seules les attentes interminables au cul des citernes ambulantes étaient tolérées.
Dans les maisons, la chaleur étouffante était augmentée par les bouilloires sans cesse en fonctionnement, l’eau distribuée n’étant plus potable depuis longtemps. Le bruit de fond permanent des ventilateurs, les souffles d’épuisement, les râles de toutes natures avaient remplacé les chants d’oiseaux, le bruissement des feuilles et le murmure des roseaux.
Les océans se retiraient, s’évaporaient peu à peu tandis que les glaciers gonflaient les torrents et les fleuves dévastant tout sur leur passage. Plusieurs territoires furent défigurés, certains disparurent à tout jamais, noyés, recouverts de boue et de pierres sur un lit de visages humains.
Les volcans se remirent en activité, les tempêtes, les orages démultipliés, les séismes gigantesques finirent par avoir définitivement raison de notre race humaine.
Tout à recommencé il y a maintenant des centaines de millions d’années. Les premiers petits paradis renaissaient de partout, les animaux repeuplaient peu à peu les continents où la végétation explosait de fleurs multicolores et parfumées.
Les reptiles se mirent à muter lentement, les premiers hommes habiles et pensant émergèrent très vite. Ils migrèrent un peu partout, puis inventèrent le commerce en oubliant le partage. Des nations se créèrent, des machines de toutes sortes, certaines indispensables, d’autres ne servant qu’à des intérêts mineurs de quelques privilégiés du commerce.
Après avoir développé les guerres, les famines, la misère et les épidémies, voilà-t-y pas que ça recommence ?
On croirait la chaleur installée définitivement….
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| Inventaire
Bien sûr, il s’en est passé des choses ces derniers temps ; par exemple le mercredi 18 janvier je suis parti de la maison avec 12 mn de retard sur mon horaire habituel, le jeudi 4 mars Nicole s’est endormie du côté gauche, ce qui n’est pas son habitude, la boulangerie a été fermée pendant une semaine, j’ai égaré une paire de tenaille à laquelle je tenais beaucoup, Thibault a cassé le bâton de son esquimau le dimanche 8 février et Nicolas n’a pas regardé la télé je ne sais plus quand.
Bref de quoi écrire des pages entières, mais pas d’inspiration pour le formuler avec passion.
Il n’empêche que toutes ces petites anecdotes auxquelles on attache aucune importance se répètent tous les jours et font que notre vie n’est pas la même.
Si je n’étais pas parti en retard, j’aurais pu être écrasé en partant à l’heure, si Nicole s’était assoupie du côté droit elle n’aurait peut être pas fait les mêmes rêves et ne m’aurait pas entendu ronronner, nous aurions pu acheter du pain empoisonné, Thibault aurait pu avaler son bâton d’esquimau et s’étouffer, quant à Nicolas il a peut être raté, pour une fois, une émission intéressante.
Vous l’aurez compris, je suis fataliste et je me marre quand j’entends quelqu’un émettre des reproches à celui ou celle qui n’a pas fait les choses comme elle aurait du.
Bien sûr, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse et partir systématiquement en retard, ni perdre ses outils exprès, ou encore casser tous ses bâtons de glace avant de les manger ! Ce serait de la triche ! On peut aussi « forcer le destin » en se jetant sous les roues d’un autobus, s’électrocuter avec sa télé, se planter un râteau dans le pied juste histoire d’avoir quelque chose à raconter.
Cette attitude serait déraisonnable et n’intéresserait le public que trop peu de temps.
De plus, un accident de cet ampleur risquerait de mettre la pérennité du site en péril, et ça, il n’en est pas question ! |
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Généalogie
Au confluent de la Sioule et de l’Allier était le port de la Chaize d’où les auvergnats, parmi les plus chanceux, embarquaient leur vin et du charbon pour aller faire commerce à Paris.
Il y avait, au départ du convoi, trois possibilités : Soit ils n’arrivaient jamais à destination et s’installaient dans des villes en cours de route, soit ils rejoignaient Paris, vendaient leur marchandise à tel prix qu’ils étaient obligés de redescendre dans les jours qui suivaient, ou enfin, le commerce était fructueux et ils restaient à Paris.
Les historiens racontent que ceux qui décidaient de s’installer dans la capitale, vendaient même leur barge, qui était débitée pour faire du bois de chauffage. Voilà donc les fameux « bougnats » avec leurs « vins, bois, charbon » arrivés aux entrepôts de Bercy où commença le commerce du vin dans la capitale.
Dans cette histoire, j’ignore toujours pourquoi, Claude décidât (ou fût obligé ?) de quitter le hameau des Chaumots sur la commune de VEZELAY, où les CAMBUZAT vivaient déjà depuis 1 siècle et demi, pour venir s’installer à St Pourçain sur sioule.
Il monta à Paris où il mourut rentier et donna naissance à Claude albert (128è d’infanterie) et Jean jules qui redescendit à St Pourçain pour donner la vie à mon arrière grand père.
Sur les quelques trente cinq actes ramenés des archives départementales de l’Yonne, on se laisse facilement prendre à la lecture, même si elle est parfois difficile, de plusieurs tranches de vie, faites de bonheur, de drames et d’anecdotes.
Les joies, on les imagine volontiers pendant les naissances, les baptêmes ou les mariages.
Les drames, sans aucun doute il y en eut au moins deux d’enfants décédés en très bas âge.
Les anecdotes notées sur certains actes ou il est relaté l’absence du foyer conjugal depuis plusieurs mois de Nicolas, les sobriquets tels que Gabriel dit « Le fripé », ou encore Pierre dit « Lassah ».
Les séparations, divorces et paternités de Pierre à 62 et 75 ans avec une jeunesse de 28 ans !
Bien évidemment, tout cela s’étant passé entre 1734 et 1825 au « bois de la madeleine », il ne me reste plus qu’à aller prendre quelques photos des lieux. Les bâtiments n’existent sans doute plus (quoi que…) mais je suis persuadé qu’avec un peu d’imagination j’y resterai des heures en compagnie de certaines « présences » qui rôdent peut être encore dans le coin.
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Les congés payés
Quand je pense qu’il y a des gens qui disent au retour des congés : « c’était bien mais 4 semaines ça fait trop long, l’année prochaine j’en prendrai moins d’un coup ! »
Quand j’entends de telles incohérences, je ferme les yeux et pense très très fort aux mecs qui se sont battus en 36 pour travailler moins et pouvoir se reposer en toute légitimité au moins 4 semaines par an.
Mais qu’est ce qui se passe ? Ils s’emmerdent en vacances ? Ils aiment trop leur travail ?
Et vas y que j’te tartine avec les refrains habituels : « On est encore allé à Argeles, ça fait la 5è année, on connaît tout par cœur, y’en a marre ! »
Et alors, pourquoi tu changes pas ? Hein ? Et chez toi tu connais pas tout par cœur ? Et pourquoi t’y habites alors ? Hein, pourquoi ?
C’est vrai, c’est énervant à la fin, j’ai l’impression d’être un extra terrestre.
Oui, mais vous c’est différent, c’est pour voir la famille, nous là bas on connaît personne.
Quoi ? Vous connaissez encore personne 5 ans après ?
Si, si, mais c’est pas pareil
Pareil que quoi ?
Non rien, c’était juste pour dire.
Pour dire quoi ?
Bah… Qu’on s’embête en vacances…
Silence lourd et pesant d’un extra terrestre devant une dinde à l’œil torve.
Voilà, plus tu leur en donnes, moins ils apprécient parce que sans leur travail ils sont déboussolés. Plus de repères, plus d’habitudes (enfin, plus les mêmes). Je suis sûr que tu les mets en vacances à la « saison morte » non seulement ils s’emmerdent encore plus, mais ils se prendront pour des marginaux, des espèces de clochards errants sans but ni envies…
Que feraient ils tous ces plaignants insipides et incolores si le travail obligatoire devenait facultatif ? Ils seraient les premiers à se porter volontaires en pensant tout haut :
« Heureusement qu’on est là pour faire l’ boulot ! »
Dommage qu’ils ne savent pas travailler pour deux, moi j’aime les vacances !!!!
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Le recul
Parfois, on prend du recul, on s’imagine très haut dans l’atmosphère et on regarde en bas. Cette grosse boule que l’on dit bleue vue de loin, doit attirer l’attention par un mouvement de surface intense. Entre les avions, les véhicules de toutes natures, le vent, les gaz et les marées, le premier extra terrestre venu, sous réserve de sa perception et de son mode de vie, ne mettra pas longtemps à en déduire que ça bouge dur chez nous !
Le mouvement, l’animation, sont les premières caractéristiques de la vie. Que serait on avec des pouvoirs de télé transportation, de télépathie ou autres formes de transmission et de déplacement sans mobilité ? Seules les ondes nous feraient communiquer, se rencontrer et vivre ensemble. Plus besoin de bras, de jambes ; Seul un tronc pour accueillir nos viscères et une très grosse tête remplie de détecteurs sensoriels et de facultés à bouger en restant immobile.
On se nourrirait par les pores, d’air et de plancton céleste qui nous procureraient toute l’énergie nécessaire à faire fonctionner tout ça.
Vous imaginez le tableau ? Une grosse boule sans regard ni cheveux, sans membres ni vêtements qui apparaîtrait d’un coup, comme par magie au beau milieu de votre salon en plein match du tournoi des 6 nations, qui vous bombarderait le cerveau de questions télépathiques, ressentirait vos émotions de frayeur, et disparaîtrait dans un nuage d’étoiles scintillantes.
Il ne laisserait ni odeur ni trace. Ces êtres sont par nature insipides et translucides, comme les méduses, mais complètement figés.
Lorsque je m’identifie au personnage ( ?) j’ai la faculté de renvoyer le volant de badminton où je veux, sans raquette et sans courir. Je peux faire glisser mes doigts sur le manche de ma guitare à la vitesse qui me plait et sur des notes choisies par moi et non plus par le hasard d’un mouvement involontaire. Je me déplace en Dordogne ou en Bretagne sans voiture et instantanément. Je vais voir les chinois, les mongols, les esquimaux sans passer par la banque et une agence de voyages. Bref, plein d’avantages en somme. Plus de risque de grippe aviaire ou d’intoxications diverses, Je peux déplacer ma maison au beau milieu du jardin des tuileries si ça me chante, narguer la police, rendre fou les politiciens et discuter avec de nouveaux potes sur d’autres sujets que la mondialisation ou la délocalisation des usines.
Ah le bonheur de ne plus être qu’un gros paquet d’ondes épidermiques, une boule d’énergie sensorielle toute gonflée de sagesse et de raison. Fini la bière, les pieds panés, le bourguignon et la mortadelle, adieu les Volnay et les petits blancs de Touraine !
Ainsi donc j’ai pris la décision de m’amputer des bras et des jambes après avoir trouvé le truc pour les déplacements et sensations diverses.
Je vous tiens au courant, et vous raconterai cette nouvelle vie, sans doute peuplée d’aventures passionnantes. |
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2008 LIREINE Jean-Marc CAMBUZAT |
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